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« Notre jeune Halmet »

20 mars 2011

Hamlet, de Shakespeare, traduction Jean Marc Dalpé, mise en scène Marc Béland. Théâtre du Nouveau Monde.

Une mise en scène contemporaine revisitée. Onze ans après avoir lui-même endossé le rôle de Hamlet, Marc Béland nous livre une mise en scène très contemporaine du chef d’oeuvre shakespearien. Il joue sur la fluidité du mouvement,  des trajectoires harmonieusement orchestrées.  Un jeu évident s’opère de part et d’autre de la diagonale rouge traversant la scène et conceptualisant le comportement bipolaire du jeune Hamlet perturbé par la révélation du fantôme de son père.  Hamlet saute d’une humeur à l’autre, alterne entre excitation et abattement, ses symptômes ne sont que le reflet de la fracture entre la version officielle de la mort du roi et la réalité révélée.

Des choix mesurés. Béland fait également le choix judicieux de ne pas surexploiter les moyens techniques dont la scène du Théâtre du Nouveau Monde est dotée. La simplicité des installations évoquent les lieux plutôt que de les montrer. Tout est calculé, pensé pour ne pas effacer la performance des acteurs. Cette emphase est d’ailleurs renforcée par un autre choix tout aussi important: celui de la traduction.  Épurée et habile, la traduction de Jean Michel Dalpé parvient à conserver la subtilité shakespearienne tout en débroussaillant l’épineux discours du 17ème siècle.  Contrairement aux traductions traditionnelles et européennes, celle-ci privilégie une rythmique propulsant le personnage en action, accordant ainsi aux acteurs la possibilité d’embrasser pleinement leur rôle.

Un jeune acteur inspiré. Bennoit McGinnis en joue amplement et incarne avec brio un Hamlet révolté à l’humour méchant et l’humeur lancinante. On le sent libre sur scène, porté par la rage et la malice de son personnage. Sa prestation dynamique donne une véritable consistance à la pièce et marque les esprits.

La place de la modernité. L’adaptation est par moment fortement marqué par notre modernité à travers le choix des costumes, un ou deux passages musicaux et une scène dans un cimetière dont je ne vous dévoilerai pas la particularité. Il est toutefois étonnant que le metteur en scène n’ait que timidement intégré cette dimension à la pièce. On se demanderait presque pourquoi telle scène comporte des aspects anachroniques tandis que d’autres demeurent plus classiques.

Un bémol qui n’affecte pas pour autant la réussite du spectacle. Deux dates supplémentaires s’ajoutent au calendrier, la représentation est à l’affiche jusqu’au 6 avril. Ne manquez pas cette occasion, rendez vous au Théâtre du Nouveau Monde dès que l’opportunité s’offre à vous!

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