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IMAGINED SPACES, LOST OBJECTS

26 mars 2011

On prend, un lieu d’art engagé et branché, la Centrale, première galerie féministe au Canada ; on y incorpore un grand nombre de curieux arty et ouverts aux expériences excentriques ; on malaxe tout ça et on y ajoute les ingrédients principaux, quatre performeuses de talent aux univers singuliers et bigarrés ; et vous obtenez une sublime soirée performances Imagined spaces, lost objects présentée dans le cadre du festival Edgy Women, mercredi dernier.

Après la déception de la soirée d’ouverture du festival samedi, à l’exception de la surprenante et impressionnante performance d’Andréane Leclerc, contorsionniste nue, je ne savais pas à quoi m’attendre pour cette présentation de quatre performances explorant la construction de soi et de son identité.

Merveilleuse surprise, la galerie est envahit d’objets éparses, à même le sol, clavier, sampler, bicyclette etc… personne ne sait où se déroulera l’action, les actions ; et c’est très bien, car la performance n’est pas un spectacle, c’est un moment, un lieu, un geste éphémère et expérimental. C’est un corps, celui de l’artiste, qui se met en action pour mieux toucher (au sens propre et au figuré) le spectateur dans une promiscuité qui révolutionna le monde de l’art et ses carcans. Cette disposition de l’espace est donc prometteuse, pas de chichi, pas de gros moyen, juste une expérience partagée.

La première performance illustre bien cela, alors que les gens parlent, se rencontrent, se met en place dans un coin de la salle une sorte de petit salon de massage ; l’artiste (Julianna Barabas) invite les spectateurs un par un à venir se faire masser les mains. Plus de distance, le rituel est le même pour chacun, mais tous pendant ce moment de relaxation entrent en grande conversation avec la performeuse ; de loin cela apparaît même comme des conversations intimes, des confidences, des rires, une entrée en contact par la peau mais aussi par l’échange. Que pouvaient-elles bien se dire ?…

Puis tout le monde s’assoit par terre, à l’autre bout de la salle une femme (Amalie Atkins) vêtue de rouge enfourche une bicyclette reliée à un vieux projecteur, le film commence tout en légèreté. Muet, il est alors accompagné au clavier par une autre jeune fille en rouge. C’est un joli conte qui porte sur le périple d’une sorte de petit chaperon rouge qui transbahute un gâteau géant et qui rencontre sur son chemin des loups danseurs et fêtards. Tous entrent avec beaucoup de plaisir dans ce voyage enfantin, doux et excentrique. La vidéo est ponctuée d’une distribution de bonbons en forme de dents en or et de chants. Un moment parfait.

Vient alors le tour d’une femme (Laura Margita) qui ne fait pas dans la demi-mesure, aux formes généreuses et à l’attirail extravagant : corset, bas et paillettes… celle-ci à l’aide de vidéo et de photographies revient sur cuites et autres soirées bien alcoolisées avec humour et dérision tout en lançant à l’aide de petites voitures des œufs durs dans le public, étonnant.

Puis commence la performance de clôture, performance d’une immense qualité mais qu’il est difficile à décrire simplement tant des registres divers y sont explorés, tant de techniques employées. Alors que les autres performeuses se mettent à chaque bout de la salle à singer les performances de la célèbre Marina Abramovic, l’une poussant des « ah » ininterrompus, l’autre dansant nue, et un autre se coiffant les cheveux tout en lançant des « Artist must be beautiful », l’artiste (Janine Eisenaecher), dans un jeu très compliqué et très bien maitrisé, crée avec son micro et son sampler une sorte de musique faite de bribes de paroles d’elle même et d’Abramovic, mélodie qui interroge et mettent en doute la portée des œuvres de Marina Abramovic dans l’art. La performance se terminera en jets de coca cola et de mélodies loufoques et prenantes. Vous n’avez pas tout suivi ? Alors il vous reste à espérer croiser la route de cette performeuse berlinoise de génie.

Ainsi se termine le récit d’une recette parfaite pour créer une soirée performances réussie et qui vous fait voyager à travers les univers extravagants de créatrices passionnantes.

Alice Lebailly

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